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Bruits de coursive : Evènements
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Jean-Louis Drye

« Sillage ou l’esprit du temps »

Chez Mer et Voyages du 20 mai au 10 juin 2014

C’est fini… Nous sommes ravis d’avoir accueilli en nos murs Jean-Louis Drye. Outre un talent pour dompter les cargos sur sa toile, cet homme est un amoureux de la mer et de la vie, fasciné par ce temps qui nous modèle, qui nous relie au grand tout, humbles pèlerins traversant une époque à l’image d’un cargo sur l’Océan.

Entre philosophie et art, cette rencontre sera… la vôtre ?
Jean-Louis Drye : « … Et puis, en suivant le lit du temps qui passe, le visage des hommes et des femmes rencontrés font percevoir un bout de la vérité, celle de la vanité des choses et des existences. Nos efforts sont vains car il n’en restera au mieux qu’un sillage comme celui du cargo qui a disparu derrière l’horizon. La toile peinte ne durera pas plus longtemps ». F. Sauvadet, Directeur de Mer et Voyages.

Jean-Louis Drye : J’ai toujours dessiné et peint. Et cela dure depuis une bonne soixantaine d’années. Je devais avoir des facilités, à défaut d’un goût établi, et d’un peu de technique. Mes jobs, qui n’avaient rien à voir avec la peinture (heureusement car j’avais une famille à nourrir) m’ont amené par contre à voir des lieux et des gens différents de mon cadre d’origine…

… L’Asie des années 70 m’a comblé d’images, de lumières et de couleurs. J’ai alors commencé à peindre de manière plus assidue, presque compulsive, en tâtonnant autour des différentes techniques, et selon le lieu et le rare temps disponible: Il est plus facile d’emporter un carnet et une boite d’aquarelle dans son sac à dos qu’un chevalet.

Je sais faire de belles images. C’est facile, il suffit de regarder juste devant moi l’instant qui se présente à mes yeux, brut, tel qu’il est, sans son devenir et encore moins son passé. Le cargo a traversé mon champ de vision, il n’en reste qu’une image, en sorte, rien qu’une impression sur ma rétine, juste physique et chromatique.

Puis le temps passe et les choses s’altèrent. Les corps et les cœurs aussi, inexorablement. Je vois alors le poids du temps et l’image instantanée s’alourdit et s’épaissit. De la belle image initiale nous ne voyons plus rien. Elle s’est muée en quelque chose de plus pesant, de plus matériel, minéral et métallique. Sa masse intègre maintenant la charge des jours. Mes peintures essaient de traduire le temps additionné, amassé, accumulé sur ces objets. La tôle rouillée est la marque visible du temps alors devenu matière.

Nous aussi nous passons comme des bateaux, au milieu du monde, chaque tour d’hélice nous pousse un peu plus en avant, accumulant la masse des temps écoulés vers la matière d’origine dont l’homme et les choses sont faits. Les objets, avant de disparaître nous révèlent, dans des éclats d’ombres et de lumières la beauté de leur mort lente.

Et puis, en suivant le lit du temps qui passe, le visage des hommes et des femmes rencontrés font percevoir un bout de la vérité, celle de la vanité des choses et des existences. Nos efforts sont vains car il n’en restera au mieux qu’un sillage comme celui du cargo qui a disparu derrière l’horizon. La toile peinte ne durera pas plus longtemps.

EXPOSITIONS
• Gif sur Yvette 2005 – Escapades Sahariennes
• Transaide – Yerres 2006 – Désert
• Gif sur Yvette 2006 – Regard sur le Sahara
• Orsay 2006 – Désert
• Castelnaudary 2007
• Belle Ile en Mer 2008 – Cargos
• Galerie 16 Revel 2009 – Rencontres sahariennes
• Galerie Maury – Revel 2009-2010 – machines
• Belle Ile en Mer 2010 – Fer et Mer
• Genève, Galerie Toxn’Co 2010
• Belle Ile en Mer 2011 – Effet Mer
• Belle Ile en Mer 2013 – Ombres et Fers