Bruits de coursive : Coin du libraire
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Kruzenshtern

à bord du dernier Cap-Hornier Russe

Auteur : Vivi Navarro – Editions Magellan & Cie – 2016

Format : 22 cm x 22 cm - 144 pages - Prix : 29,90 €

Vous pouvez vous procurer cet ouvrage via ce lien ou contacter directement l’auteur à cette adresse
vivi.navarro@wanadoo.fr


Notre chère Vivi ne s’arrête pas de fendre les flots et de partager ses belles expériences !
Cette fois-ci, c’est à bord du dernier Cap-Hornier Russe, le Kruzenshtern, qu’on embarque à travers les belles pages de son nouveau carnet de voyage illustré, dans la continuité de ces belles autres œuvres, notamment le Géants des Mers

 

Un extrait…

« Je me souviens

Je me souviens d’un son d’accordéon lointain qui résonnait dans la coursive Kubrick, le secteur où je logeais. Un jeune cadet répétait, il jouait bien. L’un repassait du linge, un autre s’appliquait à tondre ses copains qui courbaient l’échine, les cheveux tombaient avec légèreté. Nous échangions deux mots d’anglais, des sourires, avec les jeunes du quartier. Une petite vie s’organisait dans la coursive et j’aimais ça.

voir le diaporamavoir le diaporamavoir le diaporamavoir le diaporamavoir le diaporama Je me souviens d’un soir au large de Safi, allongés sur le gaillard d’avant avec mes deux complices, nous partagions des silences, attentifs aux grincements du navire, tous nos sens en éveil. Les yeux au fin fond de la galaxie, la voix lactée tournait autour des mâts. Pour rompre cette éternité retrouvée, une étoile filante longue comme un jour sans fin nous avait apporté les dernières nouvelles du ciel. Bonnes…

Enfin je me souviens d’une sieste, la plus belle de ma vie. Les voiles étaient gonflées d’orgueil. Avec la permission des boscos, je m’étais risquée à la proue et lovée dans un foc sur le beaupré, au dessus de l’eau. Au bord du monde, seul le filet me séparait des abysses. En communion totale avec la mer, bercée par le mouvement du voilier et du murmure de la vague d’étrave qui courait le long de la coque vers la poupe, j’attendais les dauphins, que Neptune mon seul Roi, avait promis. Je laissais cet état m’envahir, et sans lutter j’avais sombré dans les songes de la houle indolente, incapable alors de porter mon attention sur quoique que ce soit. »

Vivi Navarro (extrait du carnet de voyage « Kruzenshtern, à bord du dernier cap hornier russe)