Bruits de coursive : Portraits d'artistes
Accueil > Bruits de coursive > Portraits d'artistes > Claire-Lise Debrot

« Le voyage est ma principale source d’inspiration, par la rencontre avec les gens, leur authenticité, leur spécificité ou leur originalité.

Silhouettes marchant au sommet de la dune désertique ou sur les routes du Monde, solitaire ou en groupe, rassemblés et transhumant…vers quel but ?

Suite à des croquis de voyages, ces ombres fugitives se fixent sur des toiles puis, tout naturellement, prennent formes en trois dimensions avec cette terre d’où elles viennent et où elles retournent. »

Claire-Lise bourlingue et partage ses sensations à travers ses œuvres. Nous sommes fascinés par son travail et fiers qu’elle vous le présente au Festival du carnet de voyage de Carcassonne, dont Mer et Voyages est partenaire. Il aura lieu les 9, 10 et 11 juin 2017.

Voici son inspiration…

« LA  MER…

voir le diaporamavoir le diaporamavoir le diaporamavoir le diaporamavoir le diaporamavoir le diaporamavoir le diaporamavoir le diaporamavoir le diaporamavoir le diaporamavoir le diaporamavoir le diaporamavoir le diaporamavoir le diaporamavoir le diaporamavoir le diaporamavoir le diaporamavoir le diaporamavoir le diaporamavoir le diaporamavoir le diaporamavoir le diaporamavoir le diaporamavoir le diaporamavoir le diaporamavoir le diaporamavoir le diaporamavoir le diaporamavoir le diaporamavoir le diaporamavoir le diaporamavoir le diaporamavoir le diaporamavoir le diaporamavoir le diaporamavoir le diaporamavoir le diaporamavoir le diaporamavoir le diaporamavoir le diaporamavoir le diaporamavoir le diaporama …une fois encore nous offre sa lente respiration. Disque parfait qui s’enfle, se soulève et s’apaise au fil des heures. Souvent lambeau de soie, parfois surface agitée, peut-être agressive. A mesure qu’elle se gonfle et s’émaille de crêtes blanches qui se rompent à la grande joie des dauphins, elle nous séduit par son imagination. Bercés par la cadence des vagues, un état de rêverie s’installe et nos pensées filent et se perdent dans la lumière du jour.

Restés complètement sous le charme d’un Tour du Monde sur un cargo semi-vraquier, il y a 10 ans, nous avons décidé de repartir pour une autre destination, en utilisant ce même mode de transport :

Pour le temps qu’il nous offre, qui est devenu un vrai luxe aujourd’hui.

Pour le lâcher prise dont on parle tant.

Tout cela se fait très naturellement.

« Que faites-vous de vos journées ? » demandent les amis à qui nous avouons notre addiction.

« Ce que nous voulons et même rien ! » est notre réponse.

La vie à bord est intéressante. Les marins qui s’éloignent de leurs attaches terrestres pendant de longs mois organisent leur vie en partageant le travail, les loisirs, les soirées et les longues traversées en mer. Malgré la nostalgie, ils gardent le sourire. Pour nous ce voyage sera une vraie parenthèse dans notre vie, d’autant plus que nous étions les 2 seuls passagers sur ce monstre de 265 mètres !

La lecture pratiquée avec bonheur à la proue du navire ainsi que la parade des oiseaux migrateurs qui profitent de l’air déplacé par notre course pour créer une véritable chorégraphie restent des moments privilégiés.

En 5 semaines, de Barcelone à Vancouver, logés au 8ème étage du château, nous aurons escaladé environ 900 marches d’escaliers par jour ! Pour les repas, nous retrouvons la rigueur des horaires un peu militaire de la marine marchande…

Au retour, lorsque nous aurons retrouvé les contraintes terrestres, téléphone, famille, courrier, rendez-vous, nous réaliserons à quel point cette escapade était hors du temps, lente mais aussi active lors des escales. Et ce sentiment de liberté, de confort (simple mais suffisant) et d’aventure que nous ressentons lorsque nous nous retrouvons à 8h du matin, frais et reposés, à Cartagena de Indias ou à Manzanillo, est le bonheur de ce voyage. Le voyageur doit avant tout être autonome et débrouillard. Les informations sont rares ou inexistantes de la part de l’équipage pour qui d’ailleurs, l’idée de voyager en cargo est totalement farfelue. Heureusement, certains officiers ou marins, plus ouverts que d’autres, nous fournissent d’intéressants renseignements sur la manière d’atteindre la ville proche.

Ces voyages en cargo sont atypiques. Ils résonnent en nous qui avons lu tant de récits d’aventuriers, d’hommes courageux qui s’embarquaient pour s’installer dans des régions lointaines, laissant à quai familles, amis, pays. Pour nous, ils nous permettent de changer de point de vue, de faire des rencontres et de constater qu’il y a encore tant de belles personnes et de magnifiques paysages à découvrir.

Après un périple de 4 mois, puis un autre de 5 semaines, nous n’avons qu’un désir : partir encore une fois !

Alors, à bientôt. »