Bruits de coursive : Portraits de voyageurs
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Michèle et Pierre Cassegrain

Voyage en cargo vers Tianjin, Chine (Pavillon Français) à bord du CC Jules Verne

A l’aventure…!

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Du côté de Michèle, il y a 10 ou 15 ans, elle rencontre un commandant de bord dans un train. Ils discutent du plaisir de voyager et de cet échange passionnant grandit son envie d’embarquer sur un cargo.

Pour Pierre, c’est la cousine Margot qui lui insuffle l’appel de la mer. Femme de haut fonctionnaire, ses récits de voyages en cargo à travers les colonies françaises le font rêver.

L’idée germe petit à petit…

Un jour, ils découvrent un article dans le Figaro à propos de Mer et Voyages, des porte-conteneurs et du Canal de Suez. C’est le déclic et c’est dans la foulée qu’ils passent la porte de notre agence, décidés à tenter l’aventure ! C’est vers la Chine qu’ils embarqueront pour leur premier voyage en cargo, vers Tianjin en Chine.

 

Michèle nous parle avec passion de ce voyage, ponctuée par les impressions de Pierre.

« Le plus sensationnel dans le voyage en cargo, c’est le sentiment de liberté, comme jamais ! »

C’est un privilège de se réveiller le matin et de se dire « Je vais faire de chaque moment ce que j’ai envie d’en faire »

Un luxe car, loin de tout, on ne sait rien de ce qu’il se passe dans le monde. Tout est naturel à bord, les échanges, la vie, le quotidien… Rien n’est forcé. « On peut faire ce que l’on veut. »

Ils embarquent sur un pavillon français, accompagné d’un équipage qu’ils décrivent comme « fantastique » et qui les a parfaitement intégrés.

 

Discrets au début pour la bienséance, ils sont vite rappelés à l’ordre !

« Vous êtes ici chez vous » leur assure le commandant. Pour l’anecdote, le premier jour, au moment de quitter le port du Havre, Michèle et Pierre n’osèrent pas se rendre à la passerelle pour le désamarrage, de peur de déranger. Perché sur le pont supérieur, le commandant a interpellé Michèle : « Madame, Madame, mais venez ! » Il ne fallait pas manquer les manœuvres impressionnantes de ce géant des mers !

Michèle et Pierre ont beaucoup apprécié être invités à participer et que tout leur soit expliqué en détail.

Michèle a aussi aimé que le commandant réclame une tenue à chaque repas à son équipage : pantalon – ou short – bleu marine et chemise blanche. « C’est la beauté de la Marine ». Leurs repas étaient pris dans le restaurant des officiers, ils avaient leur table personnelle et se joignaient au groupe chaque dimanche.

 

Les officiers de la marine sont charmants et charismatiques, ils ne parlent pas beaucoup de leur métier car finalement, quand les passagers vivent un rêve, les membres de l’équipage sont parfois moroses, car la terre et les proches leur manquent. Cela ne les empêche cependant pas d’être plein de joie de vivre !

 

Ce voyage était pour Michèle et Pierre un « voyage en amoureux ». Heureux de se retrouver tous les deux, ce fut comme une deuxième jeunesse !

« On ne s’ennuie pas à bord ! » trente minutes de sport chaque matin après le petit déjeuner, des balades sur les coursives entrecoupées de lecture et de moments de détente les yeux dans la mer.

Puis ils ont visité la salle des machines – avec le « jeune et bel officier » nous précise Michèle avec un sourire. Deux heures pour arpenter de fond en comble cette salle impressionnante et bruyante. L’officier mécanicien demande à ce qu’ils puissent visiter la proue, voir les ancres… Impressionnant !

 

« À tous les départs et toutes les arrivées au port, de jour comme de nuit, nous étions là. Il ne fallait rien manquer ! On découvre l’odeur de la terre en s’en approchant… Lorsqu’on est près des côtes, on le sait, c’est instinctif. » 

 

Ensuite, ce fut la traversée du fameux Canal du Suez ! Elle s’est faite de jour, en dix heures. Le paysage variait d’un côté à l’autre. La partie Ouest est habitée, verte, avec des villes, trains, miradors…  Ce sont des villes du désert, installées entre deux dunes. A contrario,  l’Est du canal est désertique, avec de temps en temps quelques oasis, « étonnant ».

A la sortie du canal, le château entre au port de Khor Fakkan, où Michèle et Pierre ont l’autorisation de se promener (avec casque et gilet de sécurité) seuls, parmi les camions et les conteneurs. Les dockers leur font signe, ils aiment être pris en photo, tout sourire !

 

Et leur plus grosse galère ? « Quand on a perdu pendant 48 heures le coussin ! » s’exclame Pierre en riant. Un voyage sans encombre, donc. Le temps est au beau fixe, une chance ! Bien qu’ils aient tout de même un regret… La tempête. Ils n’en ont pas rencontrés et le regrettent, une expérience qui les aurait réjouis !

La richesse du voyage en cargo est que de toutes petites choses, anodines dans notre quotidien, s’avèrent être un bonheur. « On revient avec une autre philosophie, des énergies nouvelles, très positives » nous dit Michèle.

« Son bateau » comme elle l’appelle, Michèle l’aime ! C’est fusionnel, c’est un attachement tout particulier et il a fallu du temps pour s’en remettre. « Je ne suis même pas certaine d’être encore remise » nous dit-elle avec un sourire nostalgique.

 

Mais Michèle, ne vous inquiétez pas, vous repartez bientôt ! Cette fois-ci, c’est vers le Spitzberg que nos bourlingueurs embarquent à bord du Plancius. L’aventure continue donc dans le charme glaciale de l’archipel du Svalbard… Affaire à suivre..!

 

Par Morgane Le Scouëzec